Raphaëlle Boitel

Portrait de la metteuse en scène et chorégraphe de La Chute des Anges

Interview

Interview de Raphaëlle Boitel par le Quai des Arts. Découvrez la metteuse en scène et chorégraphe de La Chute des Anges.

 

Comment pourriez-vous résumer votre parcours artistique ?

Précocité, insouciance, cirque, volonté, création, abnégation, rencontres, beauté, passion, amour …

Si vous ne deviez retenir qu’une seule rencontre tout au long de ce parcours, laquelle serait-elle ? Et pourquoi ?
Il n’y en a pas qu’une. Mais si je dois choisir, il y en a 2: Celle avec James Thierrée à 13 ans, avec qui tout a commencé professionnellement, qui m’a donné mes premières armes et une expérience qui est aujourd’hui un précieux bagage. Et celle avec Tristan Baudoin qui collabore avec moi sur la réalisation de tous mes projets et qui m’aide à utiliser au mieux ce bagage. Afin de répandre poésie, beauté et optimisme dans un monde parfois très dur.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Dostoïevski disait : «  L’art sauvera le monde », je suis du même avis. Il est vital de se nourrir de culture, d’art car c’est à cet endroit même que se trouvent nos rêves les plus fous et nos envies les plus profondes. Ces sources d’inspirations sont des miroirs à notre propre inspiration. Elles peuvent être des puits d’abondance. En voyant, lisant des œuvres poétiques, notre imaginaire se réveille, s’étend, prend son envol. L’espoir, que nous perdons parfois, revient grâce à l’Art !

Mes principales sources d’inspirations sont : Le cinéma, la musique, l’observation de nos comportements souvent contradictoires… Les évènements que je traverse dans ma vie de femme. La force qu’on a au fond de nous et qui permet de rendre l’impossible possible.

Vous avez été accueillie en résidence au Quai des Arts en juin 2017, tout au début de la création, parlez-nous de la Chute des Anges ? Quel est le propos ?

La Chute des Anges est un spectacle qui, encore plus que mes précédentes créations, mélange les arts: Cirque, danse, théâtre, musique, effets visuels. Ce qui  le rend inclassable, tout en en étant à la portée de tous. On peut y entrer par beaucoup de portes différentes, et passer par de nombreuses émotions différentes. Tous les publics peuvent s’en emparer et le comprendre au plus profond d’eux-mêmes.

Il fait référence à un groupe d’êtres, qui, probablement dans un futur assez proches, subissent une vie très formatée, dominée par une technologie qui se joue d’eux. Il est question de la connaissance, la communication, la solidarité, des émotions qui font de nous des hommes.

Tout cela est traité en mode tragi-comique, dans une écriture qui passe avant tout par le corps. Avec beaucoup d’auto-dérision, dans un univers visuel fort. Donc drôle aussi ! Il ne faut pas avoir peur des sujets difficiles … et il est même important de pouvoir en rire parfois.

 En effet la création a débuté ici, à Argentan au Quai des Arts, au cours d’une résidence en Juin 17. C’est ici qu’est « né »  le projet, et que les embryons de certaines scènes fortes du spectacle ont été présentées au public à l’époque. Je serais curieuse de retrouver ce public et d’avoir leur retour. C’est toujours merveilleux pour nous, de partager encore plus qu’un spectacle avec le public. De partager une expérience commune.

C’est une magnifique salle, qui offre beaucoup de possibilités aux artistes, et c’est aussi parce qu’il a débuté ici que ce spectacle peut aujourd’hui être ce qu’il est.

Il est primordial, pour des artistes comme moi qui écrivent au plateau avec des corps, l’espace et la technique du théâtre, d’avoir la possibilité de travailler dans des lieux comme celui-ci. Nous essayons d’imaginer de nouvelles écritures, et cela ne peut se faire que sur une scène, qui est notre page vierge.

Vous revenez d’une tournée américaine avec plus de 10 dates, comment le spectacle a-t-il été perçu ?

Le spectacle a rencontré un succès étourdissant. L’enthousiasme général à été une récompense énorme pour toute l’équipe, et nous en revenons plus forts.

Malgré le thème, c’est un spectacle très optimiste, rempli d’espoir et d’amour, et les Américains l’ont complètement compris. Ils ont soif de nouveauté et de rêves, et beaucoup d’entre eux nous remerciaient d’avoir pu voir ça, d’être passé par toutes ces émotions.

 Quels sont vos futurs projets ?

De présenter ce spectacle au plus grand nombre, qu’il nous rassemble.

Par ailleurs, je travaille sur un projet Jeune public « Un Contre Un » qui sortira dans un an,  puis sur un grand événement que la ville de Bordeaux m’a commandé pour cet été sur la place de l’Opéra de Bordeaux, en collaboration avec l’opéra, et une carte blanche qui s’intitule « L’Horizon des Particules » au Carreau du Temple à Paris en septembre.

Enfin, je commence à imaginer un nouveau spectacle (une grande forme) pour 2021, dans lequel j’espère continuer de développer mon écriture, autour des thèmes qui me sont chers. Entre rire, pleurs, et beauté.

 

Merci à Raphaëlle et nous vous donnons rendez-vous vendredi soir à 20h30 au Quai des Arts.

 

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